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Données, vie privée & souveraineté

Ce contenu est une ébauche et ne sera pas inclus dans la version de production.

Une architecture peut disparaître, se faire remplacer, migrer trois fois en cinq ans : la donnée, elle, reste. Elle survit aux systèmes qui la protégeaient, elle traîne dans des sauvegardes qu’on a oubliées, elle se retrouve copiée dans un environnement de test qui n’a jamais eu le niveau de protection de la production. Gouverner la donnée, ce n’est pas la classifier une fois sur un schéma présenté en comité : c’est savoir, à tout moment, où elle est, qui y touche, et depuis quand.

La protéger revient à accepter qu’elle finira, un jour ou l’autre, par tenter de sortir : DLP, tokenisation, tout ça ne bloque pas une exfiltration déterminée, ça réduit la surface et augmente le coût pour qui essaie. Le vrai sujet, souvent négligé, c’est la rétention des journaux : garder tout, indéfiniment, « au cas où », a un coût juridique que personne ne calcule avant l’incident qui le révèle.

La confidentialité différentielle, la pseudonymisation, le k-anonymat : ces techniques ne rendent pas une donnée inoffensive par magie, elles déplacent le curseur entre utilité et exposition, et ce curseur doit être choisi consciemment, pas subi faute de temps pour y réfléchir.

Et puis il y a la souveraineté, qui se joue rarement où on l’attend : une donnée hébergée en Europe reste soumise au droit d’un fournisseur américain dès qu’il en garde la main technique, Cloud Act contre RGPD, deux textes qui ne s’accordent jamais vraiment. La souveraineté réelle et la souveraineté affichée sur une page marketing sont deux choses très différentes, et la différence se voit surtout le jour où quelqu’un la teste.